Les démocraties occidentales ont une image assez floue du climat politique en Iran. Effectivement, peu de personnes connaissent le motif des contestations ainsi que les grandes figures de l’opposition. Voici alors quelques informations qui devraient éclaircir la situation.

L’Iran : de la monarchie constitutionnelle à la théocratie islamique

La révolution iranienne est sans aucun doute l’un des faits marquants de l’histoire de ce pays. Au cours de ce mouvement, de nombreux groupes de personnes se sont mobilisés pour renverser le Chah, le dernier monarque d’Iran. L’Ayatollah Khomeini s’est particulièrement illustré et il fut rapidement propulsé dans les hautes sphères de pouvoir. Il fonda ensuite les bases de la République Islamique d’Iran. Il établit une constitution inspirée de la charia et de la tradition chiite. De plus, il a mis en place une forme de gouvernement où les chefs religieux occupent une place prépondérante. Plusieurs mesures ont été prises en faveur de l’intégrisme. Les laïcs ainsi que les minorités religieuses ne peuvent pas accéder à des postes importantes. En outre, le régime en place n’hésitait pas à commettre des atrocités pour museler l’opposition.

Malgré tout cela, quelques personnalités comme Massoud Radjavi ont osé se soulever. Le 21 juillet 1981, il lança un appel à tous ceux qui s’opposent à la tyrannie des mollahs. Malheureusement, cette déclaration l’obligea à s’exiler en France 10 jours plus tard. Cela le poussa à créer le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI). Sa femme, Maryam Radjavi fut élue à la tête de cette organisation et elle poursuit les œuvres de son mari jusqu’à présent en matière de resistance en iran contre l’intégrisme.

Les Idées du CNRI

Le CNRI est une coalition démocratique qui agit en tant que représentant du peuple iranien. Cette organisation fonctionne comme un parlement en exil et elle intègre plusieurs commissions. Les membres élaborent des plans détaillés pour fonder l’Iran de demain.

Le plan de paix du CNRI décrit les réformes à réaliser pour mettre fin à l’intégrisme islamique. Celui-ci préconise la création d’un gouvernement laïc et le démantèlement des milices religieuses. Pour que la population défende les idées démocratiques, l’abolition de la peine de mort est nécessaire.

Pour la stabilité de la région, il est également crucial d’intégrer les minorités. Cela passe notamment par des droits de représentativité et l’organisation d’élections non discriminatoires. Enfin, l’émancipation des femmes iraniennes figure aussi parmi les priorités.

À travers ses actions dans le monde entier, la CNRI veut donner une autre image de l’Iran vis-à-vis de la communauté étrangère. Cette structure soutient la résistance en Iran. Dans un avenir prochain, les décideurs pourraient appliquer le plan pour l’autonomie du Kurdistan iranien. Celui-ci permettra aux Kurdes d’avoir un territoire réellement autonome et indépendant. Bien entendu, l’application de ces documents stratégiques dépendra des actions de l’opposition.